"Et ça le démolissait.
Il essaya de lutter, refoulant ses souvenirs comme il savait si bien le faire depuis des années. [...] Mais ses mécanismes de défense semblaient aujourd'hui inopérants. Au lieu de retrouver un semblant de sénérité, il constata que ses paupières le brûlaient.
[...]
Des larmes plein les cils, il posa ses mains sur la paroi de verre et approcha son visage de la fenêtre. Comme devant un miroir, il aperçut son reflet dans la vitre. Depuis combien de temps ne s'était-il pas vraiment regardé dans une glace?
Il avait devant lui un homme faible et seul, plein de contradicitions. Un homme au bord du gouffre, brisé par le chagrin et la honte. Un homme engagé dans une lutte contre lui-même. Une lutte sans merci contre son ennemi intime: ce personnage [...] qu'il avait construit de toutes pièces, ce double plus que parfait qui lui avait apporté notoriété et fortune, mais qui, en prenant le contrôle de sa vie, avait fini par le détruire.
Il cligna des yeux et sentit les larmes qui coulaient le long de ses joues. [...] Jamais, peut-être, il ne s'était senti aussi vulnérable, comme si un barrage avait cédé à l'intérieur de lui, laissant libre cours au flux de ses émotions. Sans doute ne pouvait-on pas vivre indéfiniment dans la maîtrise et le refus de toute sensibilité.
[...]
Tout ce qu'il voulait, c'était rester seul, cloîtré. Tirer les rideaux et se soûler jusqu'à l'agonie. S'offrir une vraie défonce, un lavage de cerveau à la vodka, passeport temporaire pour un ailleurs ouaté, un monde plus léger [...], un paradis artificiel où personne ne dormirait dans des cartons, où les voitures piégées n'exploseraient pas dans les rues, où la calotte glaciaire ne fondrait pas à vitesse grand V et où le cancer ne serait encore qu'un signe astrologique.
A présent, son visage n'était plus qu'à quelques millimètres du mur de verre, dernier rempart contre le vide. Il baissa les yeu. La vue était vertigineuse [...].
Cent vingt mètres plus bas, sur les trottoirs, dans les restaurants, les parcs et les commerces, la vie suivait son cours, mais [il] n'était déjà plus du côté de la vie. A cet instant, il éprouvait surtout la sensation de se précipiter dans le vide, d'en finir d'une façon ou d'une autre pour faire taire la douleur."
'N'avez-vous jamais eu l'impression que votre vie vous échappait? N'avez-vous jamais eu l'impression de vivre dans un monde de pacotille? Un monde dans lequel nos désirs sont façonnés par la publicité, un monde dans lequel notre consommation dépend du regard de notre voisin et notre façon de penser de ce que l'on entend à la télé...
[...]
Nous devons oser changer, oser devenir acteurs de notre propre vie, prendre le risque de partir à la découverte de nous-même.
[...] le destin n'existe pas. [...] on doit assumer l'entière responsabilité de ce qui nous arrive, [...] chaque individu porte en lui une aptitude au bonheur qu'il a intérêt à cultiver.
[...]
Dépêchez-vous de vivre, dépêchez-vous d'aimer, car vous ne savez jamais combien de temps il vous reste au compteur. Nous croyons toujours avoir le temps, mais ce n'est pas vrai. Un jour nous prenons conscience que nous avons franchi le point de non-retour [le moment où l'on se rend compte que l'on ne peut plus revenir en arrière. Le moment où l'on se rend compte qu'on a laissé passer sa chance], mais il est alors trop tard.'
Ce point de non-retour existe-t-il vraiment? Nous détruisons-nous autant?
Arrêtons le questionnement; vivre au présent, se prendre au jeu et ne rien répliquer.